Harar est une ville située à l'Est de l'Éthiopie, sur un plateau encerclé par le désert et la savane et entaillé par de profondes gorges. Emirat indépendant au XVIIe siècle, la ville ne fut intégrée à l’Ethiopie qu’en 1887. De la fin du XVIe siècle jusqu’au XIXe siècle, Harar a été un nœud commercial important entre la côte et les terres de l’intérieur et reste de nos jours un point de passage important entre Djibouti (notamment son port) et la capitale. Depuis 2006, elle est classée au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco.

Surnommée Jugol, ce terme désigne en fait les murailles de 5 mètres de haut entourant la vieille ville et qui ont été construites entre les XIIIe et XVIe siècles. La ville est accessible via cinq portes traditionnelles dont les chemins mènent à la place centrale de Feres Megala autour de laquelle s’organise toute l’activité commerciale et sociale de la ville. Harar Jugol, connue comme la quatrième ville la plus sainte de l’Islam, compte 82 mosquées, dont trois datent du Xe siècle, et 102 sanctuaires. On y visite les maisons traditionnelles, véritables joyaux du patrimoine culturel harari, où s’affiche toute la qualité de l’artisanat local, notamment dans les domaines du tissage, de la vannerie et de la reliure. Une visite de la ville comprend également la maison de Ras Mekonnen et la maison de Rimbaud, du nom des fameux personnages qui sont censés y avoir résidé. Bien que ces éléments ne soient pas historiquement vérifiés, ces édifices offrent d’excellents exemples de l’architecture indienne qui a commencé à influencer l’urbanisme local à partir du XIXème siècle et bénéficient de superbes vues sur la ville.

Enfin, à la tombée de la nuit, persiste une ancienne tradition : nourrir les hyènes. Par le passé, en période de famine, ces animaux pénétrant dans la ville, Harar a assigné un homme qui nourrit chaque soir ces bêtes afin de les tenir à l’écart de la cité. De nos jours, cette tradition a persisté et les visiteurs sont invités à assister, voire à participer, à cette coutume.